Thèses

Le CESDIP, longtemps dépourvu d’une tutelle universitaire, compte désormais en son sein un nombre appréciable de doctorants. Depuis 2009, nous obtenons entre 1 et 2 contrats doctoraux par an (principalement au travers de l’École doctorale mais aussi par les contrats de la région Ile-de-France), ce qui a contribué à augmenter notre nombre de doctorants. Le CESDIP compte également des doctorants en histoire, encadrés par Jean-Marc Berlière, qui sont enseignants du secondaire. Les doctorants occupent une place grandissante au sein du CESDIP, et ils sont totalement intégrés dans les thèmes que nous souhaitons porter à l’avenir (de récentes thèses ont ainsi été engagées autour des questions de bases de données judiciaires ou sur les questions pénitentiaires).

Outre le financement de la participation aux colloques et missions de recherche, le laboratoire a souhaité améliorer les conditions d’accueil de ses doctorants :

  • Mise en place des comités de thèse pour chacun de nos doctorants. Ces comités sont composés de trois à quatre membres (en incluant le directeur de thèse) qui couvrent les différents thèmes traités dans la thèse. Ces comités se réunissent a minima 2 fois au cours de la thèse, mais ils peuvent l’être plus fréquemment en fonction des besoins.
  • Depuis 2012, un séminaire des doctorants est mis en place. Si les doctorants participent activement au séminaire général du CESDIP (ils en sont même souvent les organisateurs), est apparu le besoin d’un lieu spécifique, dans lequel ils puissent présenter leurs travaux en cours et discuter de problématiques qui leur sont propres. À ces séances, interviennent ponctuellement des chercheurs du laboratoire pour éclairer une question particulière.
  • Mise en place de deux universités d’été pluriannuelles et internationales, l’une dans le cadre du GERN (GERN Summer school, avec la possibilité de communiquer et de publier en anglais), l’autre dans le cadre d’un réseau d’université francophone autour d’enjeux de méthodologie des sciences sociales (Méthodologie de la recherche en sciences humaines et sociales avec l’Université Catholique de Louvain, l’Université de Liège et l’Université du Québec à Montréal).

À l’avenir, le CESDIP ambitionne de parfaire la formation de ses doctorants, en accentuant notamment la dimension internationale de leurs parcours (formation en langue, séjours à l’étranger prolongés, cotutelles, cofinancements internationaux).

 

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Thèses en cours

Cerner l’impact concret des politiques publiques parisiennes de prévention de la récidive sous un angle nouveau et peu exploité en France, les sorties de délinquance

Thèse en science politique, de Valerian Benazeth.

Comment les actions institutionnelles influencent-elles ou non la désistance, c’est-à-dire la lente, progressive et irrégulière sortie de carrière délinquante qui caractérise l’écrasante majorité des auteurs de comportements délinquants. Quels sont les leviers, les facteurs qui permettent de renforcer l’élan hors de la déviance ? Si des institutions comme la famille, le mariage, le travail, les relations vicinales sont connues pour avoir une influence, leurs effets précis et les moyens pour les mobiliser afin de susciter des sorties demeurent à identifier, déterminer et évaluer afin d’ajuster les actions publiques en conséquences et de produire des dispositifs innovants et plus efficients nourris par ces savoirs.

Pour ce faire, l’étude d’une population de 16 à 25 ans exposée aux risques et tentations de l’investissement dans le trafic et la consommation de stupéfiants sur le territoire parisien a été privilégiée afin d’éprouver la validité des cadres théoriques de la désistance ainsi que dans l’espoir de produire des pistes nouvelles de recherche sous cet angle.

Au delà des murs : changements dans la rationalité pénale au Brésil

Thèse en sociologie, de Ricardo Campello.

L’objectif principal du projet consiste à faire l’investigation des discours et rationalités qui fondent la mise en œuvre du placement sous surveillance électronique au Brésil, bien comme ses effets sociaux et politiques, liés à l’émergence et à la consolidation d’une nouvelle économie de la peine.

Analyser les Systèmes de Justice Juvénile français et brésiliens du point de vue des mineurs qui se rencontrent dans des mesures socio-éducatives fermées

Thèse en sociologie, de Mariana Chies Santiago Santos.

Les objectifs de cette recherche sont divisés dans un objectif général et des objectifs spécifiques. De cette façon, l’objectif global est de comprendre comment et sous quelles formes se produisent au sein du système de justice pour mineurs au Brésil et en France, les différentes formes de résistance et les formes d’adaptation secondaire des mineurs dans les institutions fermées. Les objectifs spécifiques sont :

  • de comprendre comment la structure du système de justice pour mineurs est vécue et perçue par les adolescents
  • de comprendre quelles sont les formes de résistance qui se développent dans la routine institutionnelle
  • d’analyser, à travers l’observation, comment s’effectue le contrôle du mineurs dans la garde de l’État
  • de déterminer comment et si il y a un code de conduite pour les jeunes que sont enfermés dans ces institutions
  • d’examiner les lois relatives à la justice des mineurs au Brésil et en France.

Comme hypothèse générale nous entendons que la résistance des détenus mineurs se manifeste de sa manière la plus prosaïque à l’action collective (rébellion). Comme hypothèses spécifiques

  • les résistances quotidiennes expriment une forme de révolte avant des règles typiques des institutions de surveillance
  • ces résistances sont données à partir d’une tromperie, une fausse présentation et aussi une résistance culturelle
  • les rébellions de détenus mineurs expriment une cristallisation des résistances quotidiennes
  • les significations attribuées par les mineurs ont le sens d’un gain pratique, qui peut être momentané ou permanent
  • les mineurs objectifs du pouvoir punitif de l’État, au Brésil et en France, sont la conséquence de l’échec de l’État-providence, et donc, quand ils sont enfermées cela exprime la montée d’un populisme punitif typique de la modernité tardive.

Cette recherche s’appuiera sur le plan méthodologique pour des enquêtes dans les institutions fermées en France et au Brésil.

Sorties de délinquance : le désengagement des activités délictuelles

Thèse en sociologie, d’Alice Gaia.

Alors que la plupart des recherches françaises en sciences sociales se sont longuement penchées sur l’entrée dans la délinquance et les facteurs de récidive, cette thèse s’intéresse aux sorties de délinquance – ou désistance. A partir des trajectoires d’anciens mineurs délinquants, ce travail – réalisé sous la co-direction de Philippe Robert (Cnrs-Cesdip) et Renée Zauberman (Cnrs-Cesdip) – a pour objectif d’étudier le désengagement des activités délictuelles en soulignant son caractère processuel.

A partir d’entretiens de récits de vie menés auprès de personnes anciennement condamnées par une juridiction pour mineurs, il s’agit alors d’analyser les évènements de vie – tels que l’emploi, la vie maritale, etc. – survenus tout au long de leur parcours qui les ont conduites à changer ou à stopper leurs activités délinquantes.

La réforme carcérale contemporaine en France et en Espagne

Thèse en science politique, de Valérie Icard.

À partir d’une comparaison franco-espagnole, l’objectif de la thèse est d’analyser les récentes évolutions de la politique carcérale dans une démarche socio-ethnographique. À l’appui de monographies comparées d’établissements pénitentiaires, il s’agit d’interroger le processus de « normalisation » de l’institution. En intégrant les dimensions nationale et internationale du changement, le regard se porte sur les répercussions organisationnelles à l’échelle locale. Plus précisément, l’étude se penche sur les évolutions qui concernent les pratiques professionnelles des agents de surveillance, la place qu’ils occupent au sein de l’organisation administrative et les relations qu’ils entretiennent avec les personnes détenues. En proposant une réflexion sur les évolutions de la politique carcérale, il s’agit alors d’analyser les recompositions concrètes de la violence institutionnelle et les transformations de l’ordre social qui soutient l’enfermement.

Le processus de radicalisation violente des mineurs français. Sociologie d'un engagement djihadist.

Thèse en sociologie, de Tiffen Le Gall.

Comment expliquer et tenter d’endiguer la dérive de ces enfants, nés en France, qui se radicalisent et tombent dans la violence politique et religieuse, vis-à-vis de leur pays ou d’eux-mêmes, au nom d’un idéal opposé aux valeurs de la société occidentale ?

La problématique centrale de la recherche, qui sera consacrée à la radicalisation des mineurs et à la répression de ce phénomène, se déclinera en deux volets complémentaires, sociologique et juridique. Nous analyserons dans un premier temps les carrières biographiques de mineurs radicalisés, afin de comprendre le cheminement processuel qui mène à l’adhésion à une idéologie radicale violente, pouvant aller jusqu’à un départ vers une zone de conflit, voire une tentative d’attentat, parfois kamikaze. Dans un second temps, nous étudierons les politiques pénales et les dispositifs de prise en charge (dits de « déradicalisation ») et de sanction qui s’appliquent à ces personnes. Nous nous intéresserons ici particulièrement aux effets de ces politiques publiques réparatrices ou répressives sur la radicalisation des individus. L’étude se concentrera sur les mineurs, et jeunes adultes qui peuvent bénéficier, jusqu’à l’âge de vingt et un ans, du régime dérogatoire protecteur accordé aux mineurs par l’ordonnance du 2 février 1945. Si l’étude sera principalement centrée sur le cas français, nous intégrerons une dimension comparative avec d’autres modèles juridiques, ou administratifs et sociétaux, notamment ceux en vigueur dans certains Etats membres de l’Union européenne, avec pour objectif d’analyser les dispositifs de lutte contre la radicalisation mis en place dans ces pays et de les comparer au cas français. Enfin, si l’étude est limitée aux mineurs qui se radicalisent au sein du groupe Daesh, nous établirons quelques comparaisons avec d’autres groupes terroristes, notamment Al Qaeda.

L’étude impliquera un travail préliminaire de définition du terme « radicalisation ». Ce phénomène nous apparaît a priori davantage comme l’aboutissement d’un processus plus ou moins long, faisant intervenir différents facteurs, que comme un simple basculement. Nous procèderons ensuite à l’analyse de ce processus ; les étapes, les facteurs , et les effets produits, en s’intéressant notamment aux parcours de ces jeunes. L’objectif sera d’étudier la variabilité des profils, afin de tenter d’identifier et de cerner des motivations communes. Pour cela nous nous appuierons sur une analyse à la fois qualitative et quantitative en s’intéressant à un corpus de jeunes concernés par ce phénomène . La possibilité d’intégrer une équipe de recherche, et de pouvoir consulter les dossiers de plus de trois cents condamnés pour terrorisme issus des archives du Parquet Antiterroriste de Paris , déjà accordée aux chercheurs du CESDIP, est un point important, qui s’intègre dans un travail d’enquête de terrain et d’entretiens . Il conviendra aussi d’étudier l’impact de la propagande sur internet. Il faudra, pour ce faire, procéder à un travail de recueil et de collecte systématique des éléments de propagande présents sur Internet en langue française et anglaise. Nous étudierons aussi la manière dont cette propagande est appréhendée par les autorités, tant en matière de prévention de la radicalisation qu’en matière de répression du terrorisme.

Par ailleurs, nous étudierons comment le traitement juridique actuel du terrorisme place ces mineurs radicalisés au rang d’ennemis intérieur du pays . Nous analyserons le traitement pénal spécifique, dérogatoire, consacré aux mineurs radicalisés. Nous nous intéresserons aux vecteurs de déclenchement de la réponse pénale en matière de terrorisme, et à son contenu. Il conviendra de confronter la justice pénale des mineurs ordinaire à celle spécifique aux affaires qualifiées de « terroristes ». L’hypothèse d’un impact concret de la mise en œuvre du dispositif antiterroriste et de la soumission à la répression pénale sur la radicalisation de certains mineurs devra aussi être vérifiée. Il faudra aussi se demander dans quelle mesure les principes directeurs de la justice des mineurs – particulièrement les règles protectrices du mineur, y compris délinquant – sont préservés en matière de lutte contre le terrorisme . Il s’agira finalement d’analyser comment réagi notre système pénal, face à ce phénomène nouveau, tandis qu’apparait un régime dérogatoire répressif, suscitant des incompréhensions chez ces jeunes qui rentrent de Syrie, systématiquement incarcérés sans que soit prouvée leur éventuelle participations à des combats ou des attentats.

En conclusion, le travail critique que nous proposons a pour objectif de mettre en évidence les lacunes et les limites d’un appareil répressif qui s’est construit dans l’urgence, en réponse à un phénomène nouveau qui a déstabilisé les populations comme les institutions. L’objectif de cette étude critique sera de proposer des solutions destinées à améliorer le traitement des mineurs radicalisés, tant au stade de la prévention des passages à l’acte violents qu’à celui de la répression, par la justice des mineurs, voire par de la justice antiterroriste.

La place des associations dans le fonctionnement de l’univers carcéral et de la filière pénale. Des relations institutionnelles aux acteurs de terrain, analyse transversale des politiques publiques pénitentiaires et de l’action associative en France depuis les années 1970

Thèse en science politique, d’Adrien Maret.

Cette thèse propose une analyse transversale prenant en compte à la fois les politiques publiques dans le milieu prison/justice, les relations institutionnelles entre les pouvoirs publics et les associations et enfin l’activité des acteurs de terrain.

Cette étude s’intéresse aux nombreuses pistes de recherche non explorées concernant la prise en charge des personnes majeures. Elle questionne l’impact de la régulation par l’État des interventions associatives dans le domaine carcéral et socio-judiciaire.

Ainsi, l’état des lieux établi du monde associatif prison/justice est mis en perspective à partir de deux axes principaux d’analyse.

Premièrement, les reconfigurations de l’action publique depuis les années 1980 sont étudiées dans le domaine spécifique de l’application des peines, à partir de la relation à des acteurs périphériques, les associations. L’étude des transformations du secteur de la pénalité, régalien s’il en est, permet un va-et-vient analytique : étudier les conséquences concrètes sur la prison comme sur les associations de la rationalisation des dépenses publiques et de l’ouverture au secteur marchand tout en permettant, à partir de ce cas précis, un éclairage plus général sur le fonctionnement de l’État.

Deuxièmement, le fonctionnement des associations est analysé au prisme des relations que celles-ci entretiennent avec l’administration pénitentiaire, témoignant ainsi de l’évolution des politiques carcérales et pénales. D’une part, cela questionne les ambiguïtés du processus majeur d’« ouverture » que connait la prison depuis les années 1970, symbolisé à plus d’un titre par les intervenants extérieurs, notamment associatifs. D’autre part, le secteur associatif est de plus en plus confronté aux injonctions étatiques liées aux politiques sécuritaires de la « gestion des risques » et de la « prévention de la récidive ».

Les politiques publiques de lutte contre les discriminations raciales. Les pratiques des acteurs locaux au contact avec le public.

Thèse en science politique, d’Emilien Ormières. Sous la direction de Jacques de Maillard et Mathilde Darley.

L’objectif de l’étude est de comprendre la manière dont les agents de l’État mettent en place les politiques publiques de lutte contre les discriminations raciales, entre marge de manœuvre par rapport au cadre étatique et européen d’un côté et victimes de l’autre. Nous tenterons de saisir le fonctionnement ordinaire des institutions via le rôle des collectivités locales et de leurs agents. Nous analyserons également le rapport des victimes avec le droit afin de comprendre la portée de la mise en place concrète des dispositifs de lutte contre les discriminations.

Pratiques et logiques de surveillance en maison d'arrêt

Thèse en science politique, de Manon Veaudor. Sous la direction de Jacques de Maillard et Christian Mouhanna.

Cette thèse porte sur les pratiques de surveillance et de gestion de l’espace en détention. En partant d’une étude des pratiques de contrôle en prison, celles-ci cherche à rendre compte des classifications portées les personnels pénitentiaires sur la population recluse. Il s’agit plus précisément de saisir les superpositions entre des logiques d’identification géographiquement situées et des logiques d’identification ethnicisées qui circulent en prison. Cette ethnographie des pratiques de contrôle de l’Etat « par le bas » entend saisir les façons dont les logiques territoriales et ethniques orientent voire redéfinissent la surveillance carcérale. Elle s’appuie sur des observations directes dans deux maisons d’arrêt françaises et des entretiens.

Analyser les effets de l’utilisation des technologies du risque et des technologies de soi dans le traitement de la déviance juvénile

Thèse en sociologie, de Rita Carlos.

A la croisée d’une sociologie des trajectoires, des organisations et de l’action publique, il s’agit de comprendre le fonctionnement, l’impact et les transformations que produit le continuum de contrôle à partir du regard, issue de leur propre parcours, des populations visées, afin de proposer une réflexion sur les formes de gouvernementalité contemporaines.

Cette recherche d’ordre socio-ethnographique se penche sur l’étude de trajectoires de mineurs délinquants à travers des entretiens biographiques permettant de prendre en compte l’avant, le pendant et l’après Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM). Autant que possible les jeunes interrogés présentent des sexes, des âges, des parcours de vie et des parcours judiciaires contrastés avec des durées d’incarcération et des régimes de détention différents. Ces monographies sont restituées dans l’environnement des jeunes par le prolongement des interviews aux membres de leur entourage ainsi qu’aux professionnels responsables de leur prise en charge.

Terrorisme et l'évolution des structures policières au Pakistan

Thèse en sociologie, de Muhammad Arif. Sous la direction de René Lévy.

Le Pakistan est la cible d’attaques terroristes depuis plus d’une décennie. Le nombre et l’ampleur des attaques terroristes peuvent varier dans différentes régions du Pakistan en fonction de multiples facteurs, mais les terroristes ont fait sentir leur présence dans chaque coin du pays. La police, en tant que force de première ligne, joue un rôle prépondérant dans les mesures de lutte contre le terrorisme, en particulier dans les régions « établies » du Pakistan (par opposition aux régions tribales où la constitution ne s’applique pas et qui sont gouvernées par des représentants du gouvernement fédéral, selon les coutumes et valeurs locales). Par conséquent, la police a souvent été dans la ligne de mire des attentats terroristes, ce qui a entraîné de nombreuses pertes de personnel policier. La présente recherche vise à explorer le rôle historique de la police au Pakistan et les changements qui se sont produits, le cas échéant, dans les modèles de police pour faire face aux nouvelles circonstances et aux défis de l’ordre public. En tant qu’une ancienne colonie Britannique jusqu’en 1947, le Pakistan a hérité du système de police colonial. Le rôle de la police alors conçu par les dirigeants visait à réprimer les indigènes. L’objectif principal était de collecter les impôts et de maintenir l’ordre public grâce à la crainte inspirée par une force organisée et bien armée appelée police. Malgré son indépendance en 1947, la police pakistanaise fonctionne jusqu’à maintenant en vertu de la loi coloniale de 1861 sur la police. Bien que diverses tentatives aient été faites pour introduire des réformes au sein de l’organisation policière, les structures policières ont toujours été conformes à ce qui convenait à l’élite politique du pays. Ainsi, la police pakistanaise n’a jamais été réorganisée sur la base d’une approche « amicale » envers le public. Cela a entraîné une indifférence du public à l’égard de la police. Avec le phénomène croissant du terrorisme au Pakistan depuis 2002, après le changement de paradigme de l’État vis-à-vis des groupes extrémistes et radicaux, la police a été exposée à des défis complètement différents. Parallèlement à son rôle traditionnel de maintien de l’ordre public, elle a été chargée de lutter contre le terrorisme. Il s’agissait de prévenir les attaques terroristes par le biais d’un système de renseignement efficace pour garder un œil sur les activités des groupes radicaux, faire des arrestations, les combattre physiquement en cas de résistance, et fournir des preuves devant les tribunaux. Malgré la sanction de ce nouveau rôle, la police n’a jamais été formée ni équipée en conséquence. De nombreux incidents de terrorisme sont survenus lorsque la performance de la police a été remise en question mais aucune mesure physique n’a été prise pour mieux équiper la police afin d’améliorer sa performance sur le terrain. La présente recherche s’efforce de traiter la question du «rôle de la police dans la lutte contre le terrorisme au Pakistan». Aucun travail universitaire systématique n’a été identifié par le chercheur sur le sujet. Il est donc nécessaire de procéder à une description détaillée du contexte historique, de la structure organisationnelle et du rôle traditionnel de la police au Pakistan afin de mettre en lumière les causes profondes de l’inefficacité de la police face aux défis de l’ère nouvelle. Les efforts de réforme et leurs résultats seront également discutés en détail. Le matériel documentaire sera examiné afin d’atteindre les racines du problème. Des entrevues avec des responsables et des policiers seront menées pour tirer les conclusions et formuler, le cas échéant,des recommandations pratiques.

Thèses soutenues

2014