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Séminaire du CESDIP

27 novembre 2018 : 10 h 00 - 12 h 30

 

Michel Misse  est professeur titulaire de sociologie à l’Université Federale de Rio de Janeiro et directeur du NECVU – Núcleo de Estudos da Cidadania, Conflito e Violência Urbana de la même université. Il est également éditeur de “Dilemas”, périodique d’études sur les conflits et le contrôle social.

 

 

 

Vivian Ferreira Paes est chercheuse associée de l’Institut National des Études en Gestion des Conflits (INCT-InEAC) au Brésil et a été, de 2015 a 2017, directrice du Département de Sécurité Publique à l’Université Fédérale Fluminense. Docteur en Sociologie à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, Brésil, sous la direction de Michel Misse, ses thèmes de recherches portent plus particulièrement sur les politiques publiques et sur les pratiques institutionnelles de sécurité et de justice pénale, en perspective comparée. En France, le résultat de ses recherches a été publié dans les revues Déviance & Société et La Vie des Idées.

 

Sujets collectifs criminels: le cas du Brésil

L’apparition et la croissance des réseaux criminels apparus au sein du système pénitentiaire, initialement en tant qu’agences de protection et qui ont acquis une nouvelle conformation ces dernières années, notamment le PCC qui a vu le jour à São Paulo, seront analysées à la lumière du concept de “sujétion criminelle » proposé par l’auteur.

 

Répression de la violence urbaine en perspective comparée : entre modèles de gestion pénale, de politiques sécuritaires et de performances policières

Les recherches en criminologie au Brésil et en France s’intéressent particulièrement à la pratique des professionnels du domaine pénal dans leurs activités de prévention, de répression et dans la qualification juridique des faits. Avec les discours sécuritaires des années 2000, les pouvoirs de la police ont été élargis et il y a eu des campagnes en faveur de l’introduction de la gestion par la performance dans les institutions policières et judiciaires.

Au Brésil et en France, le rapport aux chiffres, les directives de production d’une justice moins coûteuse et la demande pour la production de réponses plus rapides ont contribué à l’augmentation des situations de stress parmi les professionnels, à la redéfinition de leurs compétences et à la création de nouvelles procédures pénales.

Dans ces deux pays, l’augmentation des violences urbaines va de pair avec l’accroissement des mesures répressives par la police et les agressions envers les forces de l’ordre.

Néanmoins, de grands contrastes sont identifiés dans l’adoption de cette politique basée sur des principes bureaucratiques d’efficience. Dans le cas brésilien, les institutions produisent des méconnaissances sur les faits criminels qui se traduisent par de faibles résultats dans la résolution des affaires, ce qui contribue à une grande marge de manœuvre dans la production quotidienne de décisions par les professionnels. Les disputes d’intérêts corporatifs démontrent un contexte où la crise politique, la militarisation accrue de la police, la politisation du judiciaire, la méfiance et l’instabilité institutionnelle se font jour.

Dans le cas français, la mesure de l’efficacité des politiques publiques produit des contraintes dans la définition des priorités organisationnelles ce qui devient un objet de dispute entre les professionnels du domaine pénal.

Les conséquences de la pression sur la performance et l’élucidation des affaires sont multiples: on observe le traitement en temps réel, la comparution immédiate, la correctionnalisation des affaires et la répression des évènements qui, par les activités de contrôle, peuvent augmenter le taux d’élucidation.

Cette présentation se propose de mettre en évidence ces politiques et ces pratiques de contrôle de la sécurité et de la gestion pénale, en se basant sur ma thèse de doctorat, et esquisse de nouvelles pistes de recherche.

 

Détails

Date :
27 novembre 2018
Heure :
10 h 00 - 12 h 30
Étiquettes Évènement :
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Organisateurs

Mathilde DARLEY
Nicolas FISCHER
Bénédicte LAUMOND