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Séminaire du CESDIP

6 mars : 10 h 30 - 16 h 00

 

Pour cette édition spéciale du séminaire, le CESDIP vous propose de découvrir six recherches en cours menées par des doctorants et chercheurs associés au CESDIP.

 

Les modules de respect : un renouvellement de la logique disciplinaire en prison

Valérie Icard - Séminaire du CESDIP : Journée recherches

 

Valérie Icard est doctorante en science politique au CESDIP. Elle prépare une thèse sur la réforme carcérale contemporaine en France et en Espagne. L’objectif est d’analyser les récentes évolutions de la politique carcérale dans une démarche socio-ethnographique.

 

 

Cette communication porte sur les évolutions de la logique disciplinaire et des modalités de maintien de l’ordre au sein de l’institution carcérale. Dans cette perspective, on s’intéresse aux modules de respect, expérimentation mise en place dans plusieurs établissements pénitentiaires français depuis 2015 et appelée à se diffuser à l’échelle nationale. Les modules de respect se caractérisent par un régime de détention spécifique et un règlement intérieur propre, avec pour ambition affichée de rendre la personne détenue actrice de sa vie en détention. Ce dispositif s’inscrit ainsi dans une dynamique plus générale de responsabilisation des personnes recluses. Comment l’ordre se né gocie-t-il dans ces nouveaux espaces de détention ? Les modules de respect reposent sur l’octroi formalisé de privilèges à certaines personnes détenues, sélectionnées par les agents de l’administration pénitentiaire. En analysant les usages du système infra-disciplinaire sur lequel reposent ces modules de respect, on démontrera qu’ils constituent un outil de gestion rationnelle des personnes détenues, en renouvelant les marges de manœuvre des surveillants et en promouvant de nouvelles formes de pouvoir en prison.

 

Practicing Protest: A Contribution to the Sociology of Simulation (Étudier la contestation. Une contribution à la sociologie de la simulation)

Andrea Kretschmann - Séminaire du CESDIP : Journée recherches

Andrea Kretschmann est sociologue et ‘socio-criminologue’. Elle a rejoint le Centre Marc Bloch en 2015 après un contrat postdoctoral à l’Université de Vienne où elle assure jusqu’à ce jour des enseignements au sein de l’Institut de Sociologie. Elle a effectué son doctorat à l’Université de Bielefeld. Au Centre Marc Bloch, Andrea Kretschmann occupe un poste de chercheuse et elle est co-responsable du pôle de recherche « Théories et Pratiques du politique ». En mars 2018, elle est chercheuse invitée à l’EHESS-Centre Georg Simmel. Andrea Kretschmann s’est spécialisée dans la sociologie du droit au cours de sa thèse qui a été publiée aux Éditions Velbrück Wissenschaft : Regulierung des Irregulären. Ses intérêts de recherche portent particulièrement sur les institutions pénales. Elle mène actuellement un projet de recherche sur l’articulation entre droit et mouvements sociaux ainsi que sur les entraînements de la police dans les villes artificielles (dans une perspective de ‘socio-criminologie’ et de sociologie urbaine).

 

La communication s’intéresse aux entraînements de la police allemande relatifs au maintien de l’ordre (« riot » et « protest policing ») dans des ‘villes artificielles’. Je les entrevois comme des pratiques de simulation et interroge leur mode de fonctionnement, leur rationalité ainsi que les effets qu’ils produisent. L’intervention sera basée sur de premières enquêtes ethnographiques exploratoires menées sur des sites d’entraînements.

Cette communication se tiendra en anglais.

 

Biomachine : notes sur le placement sous surveillance électronique au Brésil

Ricardo Campello - Séminaire du CESDIP : Journée recherches

 

Ricardo Campello est doctorant à l’Université de São Paulo, USP (Boursier FAPESP) où il développe une recherche sur la mise en place du placement sous surveillance électronique au Brésil. Il effectue actuellement un échange au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), avec le projet :  » Au-delà des murs : changements dans la rationalité pénale au Brésil « .

 

Cette communication présente des résultats partiels de la recherche de doctorat en cours dont l’objectif principal consiste à analyser la mise en œuvre du placement sous surveillance électronique au Brésil, ainsi que de ses effets sociaux et politiques. L’intervention portera sur les impacts des pratiques de surveillance électronique sur la vie des personnes surveillées, par rapport aux processus de subjectivation déclenchés par de nouvelles technologies de contrôle. A cet égard, nous mobiliserons des données recueillies au cours du travail de terrain conduit à São Paulo, à Rio de Janeiro, au Maranhão et au Ceará. Il s’agit principalement d’entretiens avec des personnes sous surveillan ce, ainsi qu’avec des opérateurs de systèmes de surveillance, menés entre août 2015 et juin 2017. La communication présentera quelques hypothèses de recherche relatives aux interfaces entre le corps surveillé et le dispositif de surveillance dans le système pénal brésilien.

 

Les politiques publiques locales de lutte contre les discriminations raciales et leur mise en oeuvre. Premiers retours de terrain et proposition d’analyse

Emilien Ormieres - Séminaire du CESDIP : Journée recherches

 

Emilien Ormieres est doctorant au CESDIP. Il prépare une thèse sur les politiques publiques locales de lutte contre les discriminations raciales à partir d’une série d’enquêtes menées dans les collectivités. L’objectif est de cerner la manière dont ces dernières se saisissent d’une injonction nationale à lutter contre les discriminations, alors que les victimes sont souvent invisibles.

 

Cette communication porte sur les premières hypothèses d’un travail sur les politiques publiques locales de lutte contre les discriminations raciales. L’échelon local est, depuis une vingtaine d’années, au cœur des dispositifs. Les enjeux sont pourtant complexes pour les élus et fonctionnaires locaux, d’autant plus que le public visé est souvent invisible ou invisibilisé. Le bricolage semble souvent de mise, entre les acteurs publics, les associations et les victimes. Le non-recours est une question saillante : le sens des politiques publiques, et le rôle filtrant du droit semble être deux éléments explicatifs à mobiliser.

 

Les limites des conceptualisations de l’informalité: marchés et circulations en RDC (République Democratique du Congo)

Rosa Vieira - Séminaire du CESDIP : Journée recherchesRosa Vieira est doctorante en Anthropologie Sociale à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ). Elle est membre du Centre de Recherche en Culture et Économie (NUCEC-UFRJ) et du Centre Interdisciplinaire d’Études Migratoires (NIEM-UFRJ). Elle a fait son Master II en Anthropologie et Sociologie (UFRJ) sur le gouvernement de l’immigration haïtienne et elle a coordonné un projet de recherche de l’Institut des Études de la Religion (ISER) sur les migrants, les refugiés et les lois d’immigration au Brésil. Elle travaille actuellement sur les marchés de rue, les circulations des personnes et les marchandises dans la République Démocratique du Congo.

 

Cette présentation met l’accent sur les dynamiques des marchés et des circulations des personnes et marchandises dans la province du Congo Central (République Démocratique du Congo). Celles-ci permettent de penser de nouvelles catégorisations face aux difficultés de conceptualisation d’une réalité empirique où formel, informel, légal et illégal ne sont pas encadrés et sont en perpétuelle transformation. S’appuyant sur une enquête ethnographique menée auprès de femmes commerçantes de la ville de Matadi (RDC), nos objectifs sont les suivants: 1. discuter des instances de gouvernement au sein des marchés de rue afin d’observer les pratiques, relations et formes de contrôle ; 2. discuter des échelles d’achat, de vente et de revente pour analyser la superposition des circuits commerciaux ; 3. analyser la relation entre le marché et la maison pour examiner l´enchevêtrement entre les relations économiques, affectives et de proximité. Au lieu de considérer un type d´économie comme informel, en opposition à une économie formelle, il s’agit de s’interroger sur une certaine  » économie de la vie  » et à ses dimensions matérielles et morales.

 

Les associations « prison/justice » en France et leurs relations aux pouvoirs publics : retours de terrains de thèse et premiers résultats consolidés

Adrien Maret - Séminaire du CESDIP : Journée recherchesAdrien Maret est doctorant en science politique au CESDIP depuis octobre 2015. Avant cela, il a d’abord effectué un cursus universitaire complet en histoire (licence et master) au cours duquel il a réalisé des recherches sur la prison de Fresnes pendant l’entre-deux-guerres. Il a ensuite rejoint le Master 2 de science politique  » Analyse des conflits et de la violence  » (aujourd’hui intitulé  » Politiques de prévention et sécurité « ) de l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ-CESDIP). C’est à cette occasion qu’il s’est intéressé à l’action associative dans les prisons françaises et qu’il a réalisé une étude de terrain de plusieurs mois au sein d’une fédération d’associations, la FARAPEJ.

 

Cette intervention sera tout d’abord l’occasion de présenter synthétiquement le secteur associatif  » prison/justice  » en France et de détailler le milieu étudié, à savoir celui des « têtes de réseaux » nationales situées principalement à Paris.

À ce stade de l’enquête, les données de terrain accumulées (une trentaine d’entretiens semi-directifs, de nombreuse observations participantes et un large corpus documentaire) reposent principalement sur le point de vue des acteurs associatifs. S’appuyant sur ces matériaux en cours de traitement, cette intervention vise à rendre compte des différentes formes de relations pouvant exister entre les associations  » prison/justice  » et les p ouvoirs publics, au premier chef desquels l’administration pénitentiaire.

J’expliquerai ainsi que les interactions institutionnelles analysées ont comme principal enjeu la place occupée par les associations dans le système pénitentiaire. S’y confrontent alors des positionnements, divergents ou convergents, quant à la conduite de l’action publique : quel rôle les acteurs associatifs souhaitent-ils y jouer ? Dans quelles conditions les associations sont-elles acceptées par les autorités publiques ? Pourquoi et comment l’administration fait-elle appel aux associations ? J’insiste également sur le fait qu’il existe de forts enjeux symboliques et de communication : Comment l’administration met-elle en avant ses  » partenaires associatifs  » ? Comment les associations acceptent-elles d’être étiquetées par les acteurs publics ?

Par ailleurs, les relations institutionnelles se construisent aussi autour des actions associatives d’interpellation des pouvoirs publ ics et de sensibilisation du  » grand public « . Les associations cherchent alors à influencer les décisions et la conduite des politiques publiques, ce qui peut les mettre en porte-à-faux vis-à-vis de leurs interlocuteurs institutionnels.

Pour finir, je montrerai le rôle important du milieu inter-associatif qui cherche à engager des prises de parole collective pour dépasser les relations associations/pouvoirs publics qui se jouent de façon bilatérale.

J’espère ainsi faire le point sur mes premiers résultats, exposer les grandes orientations analytiques que je souhaite donner à la suite de ma thèse et recueillir les retours et remarques des membres du laboratoire.

 

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