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Section thématique n°13 du Congrès de l’AFSP

11 juillet : 9 h 00 - 13 h 00

Pour une sociologie des politiques pénitentiaires : Section thématique n°13 du Congrès de l'AFSPLe 14ème Congrès de l’AFSP se déroulera du 10 au 12 juillet 2017 à la Faculté de Droit et de Science politique de l’Université de Montpellier. Pour la première fois de son histoire, l’Association organisera son Congrès national dans l’une des villes les plus importantes de l’axe méditerranéen. Ce nouveau rendez-vous de la science politique française se déroulera en partenariat avec la Faculté de Droit et de Science politique de l’Université de Montpellier, le CEPEL et le CIRAD. Par son ampleur (près de 1000 congressistes sont attendus), ce Congrès permettra de mettre à l’honneur l’un des pôles les plus dynamiques de la science politique française en région. Il renforcera également la structuration future des recherches entre les différents pôles scientifiques de la discipline.

Ce Congrès sera structuré autour de trois séries d’activités distinctes :

  • Des Sections thématiques (76 ST) de 4 heures chacune, qui visent à permettre de représenter dans toute sa diversité thématique, générationnelle et disciplinaire l’état des travaux de science politique aujourd’hui en France. L’ensemble de ces ST permettra la discussion approfondie de quelques 600 rapports préalablement publiés en ligne sur le site du Congrès.
  • Une Conférence plénière (CP) de 2 heures permettant de traiter de concert avec le CEPEL et le CIRAD de la problématique des effets politiques du changement climatique. Basée sur une série d’interventions françaises ou étrangères, cette CP fera l’objet d’un débat visant à mettre en perspective comparée cette question centrale tant dans les pays du Nord que dans les pays du Sud.
  • Plusieurs Ateliers disciplinaires (AD) d’1h30 qui permettront de débattre collectivement de thématiques associées aux divers métiers des politistes aujourd’hui.

 

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Section thématique n°13 : « Pour une sociologie des politiques pénitentiaires »

Cette section thématique est organisée par Alexia Venouil (ATER au CESDIP), Manon Veaudor (doctorante au CESDIP), Valérie Icard (doctorante au CESDIP) et Nicolas Fischer (chargé de recherche CNRS – CESDIP).

Le « tournant sécuritaire » dans lequel se sont engagées la plupart des démocraties depuis une trentaine d’années donne à l’incarcération et aux enjeux qui s’y rattachent une visibilité particulière. Pour autant, les politiques pénitentiaires – entendues comme l’ensemble des politiques publiques qui se rattachent au champ pénitentiaire, à ses institutions (prison, libération conditionnelle, placement sous surveillance électronique) à ses personnels et à ses publics – restent aujourd’hui peu analysées en science politique. Fortement développée depuis les années quatre-vingt, la sociologie carcérale française s’est essentiellement construite autour d’une perspective ethnographique « carcéralo-centrée », étudiant l’expérience carcérale des détenu.e.s (Chantraine 2004, Le Caisne 2008) ou les professions pénitentiaires (Chauvenet, Orlic et Benguigui 1994, Larminat 2014). Le rapport entre champ politique et champ carcéral n’a en revanche fait l’objet que d’un petit nombre d’études (Artières et Lascoumes 2004, Chabbal 2016, Salle 2009). Il en va de même pour l’organisation générale de l’administration pénitentiaire et ses évolutions récentes, jusqu’ici décrites dans une perspective surtout juridique (Froment et Kaluszynski 2011).

La première explication de ce délaissement tient à l’histoire même de la science politique : comme la justice, les politiques et les institutions pénitentiaires ont pâti de leur trop grande proximité avec les études juridiques, dont les politistes ont initialement cherché à se démarquer (Vauchez 2006). La centralité des politiques pénales – qui définissent les comportements répréhensibles et leur sanction – les relègue de même à une position purement « référentielle » dans l’action publique, expliquant aussi leur faible visibilité scientifique (Engueleguele 2002).
Cet oubli des politiques pénitentiaires par la science politique pose toutefois problème à plusieurs titres : non seulement parce qu’elles relèvent par excellence des concepts et des approches de la sociologie de l’action publique, mais aussi parce qu’elles ont été affectées par les transformations des politiques publiques depuis une trentaine d’années. La diffusion des normes du nouveau management public a tout d’abord mis fin à toute « spécificité » de l’administration pénitentiaire, désormais considérée comme une administration parmi d’autres (Froment et Kaluszynski 2011). Cette transformation s’est également traduite par une relative « ouverture » de l’institution pénitentiaire – habituellement jugée rétive à tout changement politique (Artières et Lascoumes 2004) – à travers la multiplication des organes de contrôle indépendants, la délégation de certaines missions au secteur privé et le rôle accru dévolu aux associations.

Enfin, l’étude de l’action publique pénitentiaire est aujourd’hui un champ de recherche émergeant en sociologie politique, porté notamment par de jeunes chercheur.e.s en sociologie politique. Dans ce contexte, la création d’une section thématique centrée sur la sociologie des politiques pénitentiaires vise tout d’abord à encourager les échanges et les synergies entre les politistes qui prennent aujourd’hui ces institutions pour objet. Au-delà, il s’agit également d’organiser le dialogue entre ces analyses et la sociologie de l’action publique, des institutions ou des mouvements sociaux. À travers ces échanges, il s’agira in fine de réinscrire pleinement l’étude des politiques pénitentiaires dans l’analyse plus générale de la régulation étatique du social : elles y constituent un secteur particulier de l’action publique, focalisé sur les populations incarcérées ou sous-main de justice, mais interagissant avec d’autres domaines (politiques sociales, politiques de santé) avec lesquels elles doivent donc être pensées.

 

La réflexion s’organisera autour de trois axes principaux :

1. La socio-histoire des politiques pénitentiaires :

Le recours à la socio-histoire constitue un premier point d’entrée dans notre problématique : il permettra de décrire l’institutionnalisation des politiques pénitentiaires, d’éclairer les ressorts de leur constitution en problème public mais aussi de leur relatif effacement, et pour finir la production des catégories et des instruments qui leur sont spécifiques.

Ce faisant, il s’agira aussi de réinterroger la résistance supposée de l’administration pénitentiaire au changement, en étudiant son alignement progressif sur le fonctionnement d’autres administrations. On pourra ainsi mettre en perspective le constat contemporain de la « juridicisation » de l’institution pénitentiaire ou de son « ouverture » sur l’espace public (Bouagga 2015). Dans ce cadre, on s’intéressera particulièrement au rôle de la critique, notamment d’origine associative, dans la production des réformes pénitentiaires : depuis les années 1970, la prison s’est en effet largement transformée à travers l’intégration à son fonctionnement même des thématiques initialement soulevées par ses dénonciateurs (Bérard 2014).

 

2. Les politiques pénitentiaires saisies par l’évolution contemporaine des politiques publiques :

Le deuxième axe interroge la pertinence d’une analyse des politiques pénitentiaires qui entend les saisir comme un secteur de l’action publique à part entière, possédant ses objets et ses instruments spécifiques. Quel est dans ce cas le poids respectif de l’administration centrale et des intermédiaires de l’action publique – les street-level bureaucrats – dans la définition et la conduite des réformes (Venouil 2014) ? Comment les référentiels contemporains de l’action publique sont-ils reçus et redéfinis dans ce secteur spécifique ?

Dans la même perspective, il s’agira d’interroger la réorientation des missions et des métiers de l’institution pénitentiaire face aux réformes structurelles de l’action publique. On pourra notamment envisager comment l’administration pénitentiaire, qui a accueilli les principes du nouveau management public avec circonspection (Froment & Kaluszynski 2011), s’adapte aux injonctions contemporaines en matière de rationalisation de l’action publique, et étudier leur impact sur ses missions de garde ou de réinsertion. Il en va de même pour l’impératif de « transparence », qui impose aux acteurs du champ pénitentiaire de concilier l’enfermement et le respect de la dignité humaine, tout en acceptant une série de « veilles » associatives, jurisprudentielles et administratives – celles du Défenseur des droits ou Contrôleur général des lieux de privation de liberté – sur la prison.

Enfin, on s’intéressera à la diffusion de pratiques et de modèles réformateurs à l’échelle européenne et internationale. Y a-t-il une circulation de « savoirs de gouvernement » sur la prison a-t-il une circulation de « savoirs de gouvernement » sur la prison, à l’image des congrès pénitentiaires qui ont émaillé les processus de réforme au XIXème siècle (Kaluszynski 2013) ? Les concepts liés aux policy transfers ou encore à l’européanisation des politiques publiques sont-ils opérants pour penser les réformes contemporaines de la prison (Colineau 2014) ?

 

3. Enjeux méthodologiques :

Notre dernier axe propose enfin une réflexion sur les enjeux méthodologiques de l’étude de l’action publique pénitentiaire, là encore peu évoquée en science politique, y compris par le courant actuel de la political ethnography (Schatz 2009). Deux réflexions, transversales aux axes précédents, peuvent pourtant être menées. L’accès au terrain – qu’il s’agisse d’observations ethnographiques ou d’accès aux archives, aux administrations, aux données biographiques – pose tout d’abord des problèmes éthiques et scientifiques, en eux-mêmes révélateurs du fonctionnement de l’institution pénitentiaire (Chantraine 2009).

Mais les enjeux sont également épistémologiques, notamment si l’on s’interroge de manière réflexive sur les lieux de production de la recherche. Les politistes travaillant sur ces questions doivent aujourd’hui se positionner dans un champ complexe où les enquêtes sont financées – et parfois directement produites – par l’administration pénitentiaire mais aussi par des associations. La relation historique avec ces acteurs des laboratoires spécialisés dans les questions pénales impacte ainsi largement la socialisation à la recherche des jeunes chercheur.e.s et de leurs ainé.e.s (Collectif 2015). Cette réflexion doit donc par excellence accompagner la constitution des politiques pénitentiaires en objet pour la science politique.

 

Page web de la section thématique

Télécharger le programme des 76 Sections thématiques

Participer au Congrès

Tous les participants au Congrès 2017 doivent obligatoirement être inscrits et renvoyer un formulaire d’inscription (quelque soit leur mode ou montant de paiement), qu’ils soient intervenants, responsables, présidents de séances, discutants ou visiteurs. Vous pourrez au moment de votre inscription sélectionner les Sections Thématiques auxquelles vous souhaitez participer.

  • Les membres des associations nationales francophones du C5P bénéficient par analogie du même tarif que les membres de l’AFSP pour l’inscription au congrès.
  • Nous vous invitons à profiter de la réduction des frais d’inscription en retournant le formulaire avant le 30 avril 2017.
  • Vous pouvez aussi devenir membre de l’AFSP en 2017 et bénéficier ainsi des tarifs préférentiels d’inscription au congrès.

 

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Site du Congrès

Organisateur

Nicolas FISCHER
Téléphone :
01.34.52.17.26
E-mail :
fischer@cesdip.fr
Site Web :
http://www.cesdip.fr/annuaire/fischer-nicolas/

Lieu

Faculté de Droit et Science politique, Montpellier
39 Rue de l'Université
Montpellier, 34060 France
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Site Web :
http://droit.edu.umontpellier.fr/