Le lieutenant Camille Pierre, un passeur des innovations criminalistiques policières dans les pratiques judiciaires des gendarmes à la Belle Époque

Par Laurent Lopez. Criminocorpus, 10 novembre 2017.

 

Le lieutenant Camille Pierre, un passeur des innovations criminalistiques policières dans les pratiques judiciaires des gendarmes à la Belle Époque

À partir des années 1880, les nouveaux procédés d’identification développés par Alphonse Bertillon à la Préfecture de police de Paris représentent des moyens modernes et efficaces de police judiciaire face à une criminalité perçue comme irrésistible. Parmi ceux-ci, le signalement descriptif, ou « portrait parlé », est réputé permettre la reconnaissance infaillible d’un individu dont les traits du visage auraient été minutieusement décrits par cette technique particulière. Fait notable, sans doute inédit et sans équivalent alors, cette technique est enseignée aux divers acteurs de la police française – policiers de la Préfecture de police, de la Sûreté générale, mais aussi gendarmes et gardes républicains -. L’application de cette technique de signalement emprunte divers canaux de diffusion au sein de chaque institution, avec des résultats inégaux. Rompant avec les représentations communes, l’un des effets inattendus de l’apprentissage et de l’utilisation du « portrait parlé » est de favoriser le rapprochement entre policiers et gendarmes.

 

From the 1880’s onwards, some new identification processes worked out by Alphonse Bertillon at the Préfecture de Police de Paris (Paris Police Headquarters) have constituted modern and efficient means used by the police criminal investigation department to fight a fast-rising crime rate. One of these processes was the attacker’s physical description, also known as the “speaking portrait” expected to enable the police to perfectly identify someone whose face features would have been carefully described through this very process. Moreover, this process was, unlike any other, taught to the various components of the French police, namely the Paris headquarters police officers, the Sûreté générale officers as well as to the gendarmes and gardes républicains (the Republican Guard). This identification process was enforced in various ways within each institution with unequal results. At odds with what is usually thought of, one of the unexpected effects of the learning and use of the “speaking portrait” was to bring closer police officers and gendarmes.

 

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